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Déclaration du chiffre d'affaires auto-entrepreneur : le guide clair pour arrêter de stresser avec l’Urssaf

Temps de lecture : 4 min

Quand on tape “déclaration du chiffre d’affaires auto-entrepreneur” sur Google, ce n’est rarement par curiosité. C’est plutôt parce qu’il y a ce petit nœud au ventre : celui qui arrive quand l’Urssaf envoie un mail, quand la date limite approche, ou quand tu réalises que tu ne sais plus exactement quoi déclarer, quand, ni comment… Alors que ton activité tourne déjà bien et que l’argent rentre.

Si tu es entrepreneure du web, avec du chiffre d’affaires mais encore beaucoup de flou côté finances, tu n’es pas seule 😅. Entre la peur de mal faire, les charges difficiles à anticiper et la charge mentale qui déborde, cette déclaration devient vite un truc qu’on repousse. C’est le moment de refaire un point sur la déclaration du chiffre d’affaires auto-entrepreneur pour que tout devienne clair et fluide.

Qui est concerné par la déclaration de chiffre d’affaires ?

Si tu exerces en micro-entreprise, oui, ça te concerne. Même si tu travailles seule depuis ton salon, même si ton activité est “juste du service”, même si ton chiffre d’affaires te paraît encore modeste. À partir du moment où tu encaisses de l’argent grâce à ton activité, tu entres dans la catégorie des entrepreneures indépendantes soumises à cette déclaration.

Beaucoup de femmes que j’accompagne pensent, au début, que c’est réservé aux “grosses boîtes” ou aux structures compliquées. Spoiler : non. Le régime micro a été créé pour simplifier la vie des auto-entrepreneurs, pas pour les exonérer de toute règle. La déclaration fait partie du jeu, au même titre que facturer ou encaisser.

Et oui, même si tu as eu un mois calme, même si tu as pris des vacances et même si tu n’as rien vendu du tout 😦.

Micro-entreprise, auto-entreprise…

On utilise souvent les deux termes comme s’ils étaient différents, mais dans la pratique, c’est la même chose. Tu es une entrepreneure individuelle sous régime micro-social et micro-fiscal. Point.

Ce statut te permet de payer tes cotisations en fonction de ce que tu gagnes réellement, et non sur une base théorique.

C’est plutôt sain comme logique : pas de chiffre d’affaires = pas (ou très peu) de charges.

Mais en échange, l’Urssaf te demande une chose simple : déclarer régulièrement ce que tu encaisses.

Que tu proposes du coaching, du graphisme, de la rédaction, du community management ou toute autre forme de prestations de services, la règle est la même.

Activité principale, secondaire, mixte : ce que ça change (et ce que ça ne change pas)

Tu peux avoir :

  • une seule activité,
  • plusieurs activités,
  • une activité principale + une secondaire.

Dans tous les cas, tu déclares ton chiffre d’affaires. La seule différence, c’est la “case” dans laquelle tu le ranges sur le formulaire (vente ou service). Mais ça, on le verra en détail plus loin, pas besoin de t’encombrer l’esprit maintenant.

👉🏻 Ce qui ne change jamais : ta responsabilité de déclarer ce que tu encaisses, dans les temps, avec les bons montants.

Et si ton chiffre d’affaires est à zéro ?

C’est souvent une question que l’on me pose, mais oui, même si ton chiffre d’affaires est de 0 €, tu dois le déclarer 🤗.

C’est souvent vécu comme absurde : “je n’ai rien gagné, pourquoi je dois déclarer ?”. Parce que pour l’administration, l’absence de déclaration ≠ zéro euro. L’absence de déclaration = oubli, ou négligence, ou problème potentiel.

Donc tu te connectes, tu indiques 0, tu valides, et tu passes à autre chose. Deux minutes, montre en main. Et surtout : zéro stress, zéro pénalité, zéro mauvaise surprise derrière.

Qu’est-ce que tu dois déclarer ?

C’est souvent ici que tout se mélange dans la tête. Factures, virements, TVA, commissions, frais pros… Et au final, tu hésites devant l’écran en te demandant : “je mets quoi, exactement ?”.

Respire. On va simplifier 😂.

Le chiffre d’affaires encaissé (pas celui que tu espères)

Tu déclares uniquement ce que tu as réellement encaissé sur la période et pas ce que tu as facturé, pas ce qui est “en attente de paiement” et pas ce qu’un client te doit encore.

Par exemple, tu factures une cliente 540 € HT le 28 mars et elle te paie le 3 avril.

→ Tu déclares 540 € HT en avril, et pas en mars.

Cette logique évite pas mal de décalages bancaires et de nœuds au cerveau. Tu regardes ton compte professionnel (ou ton sous-compte dédié), tu prends les entrées d’argent liées à ton activité, tu additionnes, terminé.

Le chiffre d’affaires HT (même quand si factures la TVA)

Tant que tu es en franchise de TVA, tu déclares naturellement des montants hors taxes (HT) puisque tu ne factures pas de TVA.

Cependant, le jour où tu dépasses les seuils et que tu collectes de la TVA, tu continues à déclarer ton chiffre d’affaires… sans inclure cette TVA.

Pourquoi ? Parce que cet argent ne t’appartient pas : tu le collectes pour l’État, il ne fait donc pas partie de ton revenu réel 😁. Même chose pour les frais.

Et si tu utilises Stripe, PayPal ou une plateforme ?

Tu fais peut-être partie de celles qui reçoivent des paiements via Stripe ou Paypal. Du coup, qu’est-ce que tu déclares ?

Par exemple, une cliente te paie 1 000 € via Stripe. La plateforme Stripe garde 29 € de commission, et donc tu reçois officiellement 971 € sur ton compte pro. Et toi, tu déclares… 1 000 € de chiffre d’affaires !

Tout simplement, parce que c’est ce que la cliente a réellement payé, et ce que ton activité a généré.

Et il y a un deuxième point très important à connaître : la date à retenir n’est pas celle où l’argent arrive sur ton compte bancaire, mais celle où la plateforme encaisse le paiement.

Par exemple, une cliente paie le 30 janvier via PayPal et tu reçois l’argent sur ton compte le 2 février.

→ Ce montant doit être déclaré dans ton chiffre d’affaires de janvier, pas de février.

Pourquoi ? Parce que juridiquement, l’encaissement a eu lieu au moment où la plateforme a reçu le paiement pour toi.

Ce que tu ne déclares jamais (et donc ce que tu ne déduis jamais de ton chiffre d’affaires)

Voici une petite liste qui soulage beaucoup :

  • tes dépenses pro (outils, logiciels, formations, coworking, etc.),
  • les commissions Stripe / PayPal / plateformes,
  • les remboursements de frais,
  • la TVA collectée,
  • et les virements entre tes propres comptes.

Tu déclares le brut encaissé lié à ton activité. Point.

C’est parfois frustrant, parce que ton “vrai” gain est plus bas… Mais on parlera plus tard de comment anticiper ça pour mieux te payer 💰.

À quelle fréquence déclarer ton chiffre d’affaires : mensuel ou trimestriel ?

Quand tu t’es inscrite, on t’a demandé de choisir une périodicité pour ta déclaration de chiffre d’affaires d’auto-entrepreneur. Sur le moment, tu as peut-être cliqué un peu au hasard (spoiler : tu n’es pas la seule 😅). Pourtant, ce choix a un vrai impact sur ton organisation et ta trésorerie.

Tu as 2 options :

  1. la déclaration mensuelle,
  2. la déclaration trimestrielle

Voyons ce que ça change concrètement dans ta vraie vie d’entrepreneur.

La déclaration mensuelle de chiffre d’affaires

Chaque mois, tu déclares ce que tu as encaissé le mois précédent, puis tu règles tes cotisations sociales.

Il y a plusieurs avantages à gérer cette déclaration du chiffre d’affaires mensuellement :

  • tu lisses tes paiements,
  • tu évites les grosses sorties d’argent d’un coup,
  • tu vois rapidement si ton activité progresse ou ralentit,
  • et tu anticipes mieux ce que tu peux te verser.

Pour beaucoup d’entrepreneurs du web, c’est la formule la plus rassurante. Tu transformes une montagne en petites collines. Mentalement, c’est beaucoup plus digeste.

Le seul inconvénient, c’est qu’il faut y penser tous les mois. Mais honnêtement, avec un rappel dans ton agenda, ça devient une routine de 5 minutes.

La déclaration trimestrielle de chiffre d’affaires

Ici, tu déclares tous les trois mois.

Pour les avantages :

  • tu as moins de démarches à faire chaque mois,
  • et tu as moins de notifications Urssaf dans ta boîte mail 😂.

Par contre, attention :

  • tu peux avoir une très grosse somme à payer d’un coup,
  • si tu n’as pas anticipé, ça pique 😬,
  • et tu perds un peu la visibilité mensuelle sur ton activité.

C’est souvent là que je vois des entrepreneures paniquer : “je savais que je devais payer, mais pas autant”, “je pensais avoir de l’argent, mais en fait non”, etc.

Déclaration mensuelle ou trimestrielle ?

Si tu aimes :

  • la clarté,
  • la visibilité,
  • les finances sous contrôle,
  • et savoir ce que tu peux te verser chaque mois

→ le mensuel est souvent ton meilleur allié.

Et si tu touches (ou as déjà touché) l’ARE via France Travail (ex-Pôle emploi), c’est encore plus vrai. Avec une déclaration mensuelle à l’Urssaf, ton chiffre d’affaires est synchronisé avec ton actualisation mensuelle : tes droits sont calculés plus justement, sans décalage bizarre ni régularisation tardive.

En trimestriel, France Travail te verse souvent un acompte chaque mois, puis ajuste tous les trois mois une fois ta déclaration envoyée. Ce qui donne souvent des montants qui varient, des corrections après coup… Et pas mal d’incompréhension côté trésorerie 😬. Le mensuel évite largement ce flou.

Tu peux changer de périodicité une fois par an, en faisant la demande dans ton espace Urssaf avant la date limite officielle (en général fin octobre pour l’année suivante).

Et non, ce n’est pas un engagement à vie. Tu ajustes selon ton fonctionnement, ton niveau de confort, et ton organisation.

Quand faire ta déclaration sans risquer des pénalités ?

C’est souvent là que le stress monte d’un cran. Pas parce que c’est compliqué… Mais parce que personne n’aime jouer avec des dates floues quand il s’agit de l’administration 😬.

Heureusement, tu vas voir, les règles sont assez simples. Par contre, il faut savoir les respecter.

Les vraies dates limites selon ton option

Si tu es en mensuel → tu déclares avant le dernier jour du mois suivant.

Par exemple, pour ton chiffre d’affaires de janvier, la déclaration doit être faite avant le 28 ou le 29 février.

Si tu es en trimestriel → tu déclares avant la fin du mois suivant la fin du trimestre.

C’est-à-dire :

  • janvier–février–mars → avant le 30 avril
  • avril–mai–juin → avant le 31 juillet
  • juillet–août–septembre → avant le 31 octobre
  • octobre–novembre–décembre → avant le 31 janvier

Le mieux, c’est de mettre un rappel automatique dans ton agenda ou dans ton outil de gestion (Notion, Trello,…) pour ne pas oublier. Certains outils de facturation te le rappellent également par mail selon ta périodicité.

Première déclaration : le calendrier réel

Quand tu crées ton activité, tu ne déclares pas immédiatement ton chiffre d’affaires encaissé

Il y a un délai “tampon” de minimum 90 jours après le début de ton activité avant de commencer à déclarer

Par exemple, si tu ouvres ta micro-entreprise le 10 février et que :

  • Tu es en mensuel, ta première déclaration, celle concernant le chiffre d’affaires encaissé en février sera à faire à partir de mars et à déposer au plus tard fin juin. Tout comme tes déclarations de mars, avril et mai, elles seront à déposer au plus tard le 30 juin.
  • Tu es en trimestriel, ta première déclaration, concernant le 1er trimestre, sera à déposer au plus tard fin juillet pour les revenus encaissés en février et mars. Tout comme ta déclaration du 2e trimestre, elle sera à déposer au plus tard le 31 juillet pour les revenus encaissés en avril, mai et juin.

La déclaration sera ouverte, donc tu pourras la faire avant, elle restera modifiable, puis deviendra définitive une fois le délai passé.

Pendant cette période, tu encaisses normalement, mais tu ne paies encore rien. Ce n’est pas un cadeau, c’est juste décalé dans le temps. Donc pense à mettre de côté tes cotisations dès le début 😉.

Et attention à un point souvent mal compris : le moment où tu paies dépend aussi de ton mode de paiement :

  • Si tu paies par carte bancaire, le paiement est immédiat au moment où tu valides ta déclaration.
  • Si tu as choisi le télépaiement, le prélèvement se fait seulement une fois la déclaration devenue définitive, donc après la fin du délai des 90 jours.

Dans ce cas, tu peux avoir plusieurs mois de chiffre d’affaires à régler d’un seul coup au début. Ce n’est pas une erreur, c’est le fonctionnement normal… Mais mieux vaut le savoir pour éviter la panique quand le premier gros prélèvement arrive 😬.

Et si la date tombe un week-end ou un jour férié ?

Bonne question, et piège classique. Quand la date limite tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, elle est automatiquement repoussée au jour ouvré suivant.

Par exemple, si la date limite est le dimanche 31 août, le délai maximum de déclaration est reporté au lundi 1er septembre.

Mais attention : ça ne te donne pas “quelques jours de plus”. Il s’agit uniquement d’un report technique.

Ce qui se passe si tu dépasses la date (même d’un jour)

Là, l’Urssaf ne rigole pas trop :

  • pénalité forfaitaire
  • majorations
  • parfois calcul automatique de tes cotisations sur une base estimée (et souvent bien au-dessus de ton vrai chiffre)

Et c’est comme ça qu’on se retrouve à payer pour de l’argent qu’on n’a même pas gagné.

Clairement, ce n’est pas une question de morale. C’est juste une mécanique administrative. Autant jouer avec les règles plutôt que contre elles.

déclaration de chiffre d’affaires

Comment remplir ta déclaration pas à pas sur le site de l’Urssaf ?

On va être honnêtes : le site n’est pas sexy, mais il est fonctionnel. Et surtout, une fois que tu as compris le chemin, ça devient automatique.

Voici les étapes à suivre :

  1. te connecter (ou créer ton compte),
  2. trouver ton échéance en cours,
  3. saisir ton chiffre d’affaires,
  4. vérifier avant de valider,
  5. et télécharger ton justificatif.

1. Te connecter (ou créer ton compte)

Pour commencer ta déclaration de chiffre d’affaires auto-entrepreneur, il faut d’abord que tu ailles sur le site officiel de l’Urssaf dédié aux micro-entreprises.

Tu te connectes avec :

  • ton email ou ton numéro de sécurité sociale,
  • et ton mot de passe.

Si c’est ta première fois : tu crées ton compte avec ton numéro de SIRET. Prends 5 minutes pour bien noter tes identifiants quelque part. Le futur-toi te dira merci 🥰.

2. Trouver ton échéance en cours

Une fois connectée :

  • rends-toi sur la rubrique « Mon auto-entreprise au quotidien »,
  • puis sur « Déclarer et payer »,
  • et enfin « Mon échéance en cours ».

C’est là que tout se passe : tu as accès à la période concernée (mois ou trimestre) et un formulaire à remplir.

3. Saisir ton chiffre d’affaires

À ce stade, tu vas voir plusieurs lignes :

  • ventes de marchandises,
  • prestations commerciales ou artisanales,
  • et autres prestations de services (professions libérales, activités intellectuelles, digitales, etc.).

Dans 90 % des cas pour les entrepreneures du web : c’est la dernière ligne. Mais évidemment choisis ce qui est adapté à ton activité. Pour simplifier : les activités de vente relèvent en général des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux), les activités de service et libérales des BNC (Bénéfices Non Commerciaux). Si tu es dans le doute, regarde l’activité indiquée sur ton avis de situation SIRENE ou sur ton espace Urssaf.

Tu indiques le total encaissé arrondi à l’euro le plus proche et hors TVA.

Puis tu cliques sur « suivant ».

4. Vérifier avant de valider

Avant de confirmer, prends 30 secondes pour relire :

  • la période,
  • le montant,
  • et la catégorie.

Tant que tu n’as pas payé par carte bancaire, tu peux corriger jusqu’à la date limite.

5. Télécharger ton justificatif

Après validation, tu peux télécharger un PDF. Je te conseille réellement de le faire, de le renommer “mois.année déclaration de chiffre d’affaires Urssaf.pdf” et de l’archiver dans un dossier.

Cette étape est importante car le justificatif te servira pour :

  • prouver tes revenus,
  • obtenir certaines aides ou certains prêts bancaires, financements,
  • et à suivre correctement ta gestion financière.

C’est un petit geste, mais un vrai pilier de ta clarté financière.

Comment payer tes cotisations sereinement ?

C’est souvent à ce moment-là que le cerveau bug un peu. Tu as déclaré, tu es soulagée… Et bam : le montant à payer s’affiche. Et là, deux réactions possibles :

  • 🧘‍♀️ “Ok, c’est prévu”,
  • ou 😬 “Aïe… je n’avais pas anticipé” .

L’objectif, c’est clairement d’arriver dans la première catégorie.

Carte bancaire ou télépaiement

L’Urssaf te propose 2 options :

1. Le paiement par carte bancaire

Tu déclares → tu paies immédiatement. L’avantage de cette méthode, c’est qu’elle est simple, instantanée et que tu clôtures le sujet dans la foulée.

Mais si tu t’es trompée dans le montant… C’est plus compliqué à corriger après.

2. Le télépaiement (prélèvement automatique)

Dans ce cas-là, tu déclares maintenant, et l’argent est prélevé quelques jours plus tard, une fois que la déclaration devient définitive.

L’avantage, c’est que tu gagnes un petit délai pour t’organiser, que tu peux encore modifier ta déclaration jusqu’à la date limite et que tu évites les oublis de paiement.

Par contre, il faut absolument que l’argent soit sur ton compte le jour du prélèvement. Et surtout… Il y a un décalage puisque le télépaiement a lieu après le délai de déclaration passé.

Perso, je suis plutôt team carte bancaire : c’est payé tout de suite, c’est clair, c’est rangé, on n’en parle plus. Pas de surprise, pas de flou, pas de “c’était quand déjà le prélèvement ?”.

Les deux fonctionnent. Le bon choix, c’est celui qui te permet d’être sereine, pas celui qui est “théoriquement le mieux”.

La règle simple qui change tout

Dès que tu encaisses, tu mets de côté un pourcentage dédié aux charges sur un compte séparé si possible (même si tu n’as pas la somme exacte au début).

Comme ça :

  • tu arrêtes de vivre chaque échéance comme une menace,
  • tu sais ce que tu peux réellement te verser,
  • et tu reprends le contrôle.

Et là, tu passes doucement de “je subis mes finances” à “je pilote mon activité”. C’est beaucoup plus agréable 💰.

Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu : bonne ou mauvaise idée ?

Ce terme fait souvent peur, on dirait un sort dans Harry Potter, alors qu’en réalité, c’est juste une option fiscale. Son vrai nom : le versement libératoire de l’impôt sur le revenu.

En gros, au lieu de payer ton impôt plus tard, via ta déclaration annuelle classique, tu le paies petit à petit, en même temps que tes cotisations.

Si tu as choisi cette option, à chaque déclaration de chiffre d’affaires l’Urssaf calcule :

  • tes cotisations sociales,
  • et un petit pourcentage supplémentaire pour ton impôt, et tu paies tout en une fois

Tu n’as donc pas (ou très peu) d’impôt à régulariser l’année suivante sur ces revenus-là. C’est une forme de “paiement à la source”, version micro-entreprise mais sans remboursement possible si finalement tu n’es pas imposable.

Ça peut être intéressant si :

  • ton chiffre d’affaires est stable,
  • tu préfères lisser les paiements,
  • tu veux éviter les grosses régularisations d’impôt d’un coup,
  • et ton revenu fiscal personnel n’est pas trop élevé.

Cependant, ce n’est pas magique. Ce n’est pas toujours avantageux, par exemple si :

  • ton revenu personnel est faible,
  • tu bénéficies déjà de peu ou pas d’impôt,
  • ton chiffre d’affaires est très irrégulier,
  • tu démarres et que chaque euro compte.

Dans ces cas-là, tu peux te retrouver à payer plus que nécessaire. Et là, ce n’est plus de la sérénité, c’est juste une perte de trésorerie.

Ce que je te conseille donc, c’est de ne pas choisir cette option “au hasard”. Ne la choisis pas non plus parce que “quelqu’un sur Instagram a dit que c’était mieux”.

déclaration de chiffre d’affaires
Que dois-tu surveiller quand ton activité grandit (TVA, seuils, plafonds) ?

Au début, on rêve de “plus de clients, plus de chiffre”. Et puis ça arrive, lentement ou d’un coup. Et avec cette croissance viennent… quelques nouvelles règles du jeu pour t’obliger à piloter ton activité comme une vraie cheffe d’entreprise (oui, même en micro).

Les seuils de chiffre d’affaires

Ton régime micro repose sur des seuils annuels à ne pas dépasser.

Ils varient selon ton activité :

  • ventes de marchandises,
  • ou prestations de services

Tableau récapitulatif des seuils de chiffre d’affaires

Type d’activitéSeuil CA annuel (régime micro)
Ventes de marchandises & hébergement188 700 €
Prestations de services & activité libérale77 700 €

Quand tu t’approches de ces plafonds, 2 choses deviennent essentielles :

  • suivre ton chiffre d’affaires encore plus régulièrement,
  • et surtout anticiper l’étape d’après (changement de régime possible).

La TVA

Tant que tu es sous les seuils spécifiques de TVA, tu es en “franchise”. Traduction : tu ne factures pas de TVA, tu ne la déclares pas, tu ne la reverse pas.

Mais le jour où tu dépasses : tu dois l’ajouter à tes factures, la collecter pour l’État, la déclarer et la reverser.

Tableau récapitulatif des seuils de TVA

Type d’activitéSeuil de base de la TVASeuil majoré de la TVA
Ventes de marchandises & hébergement85 000 €93 500€
Prestations de services & activité libérale37 500 €41 250€

⚠️ Attention : il y a eu des discussions politiques sur une réforme potentielle des seuils de TVA pour 2026, qui pourrait simplifier ou abaisser ces niveaux, mais ces mesures sont encore en débat et n’ont pas été appliquées définitivement à ce jour.

Que risques-tu vraiment si tu oublies ou si tu déclares ton chiffre d’affaires en retard ?

On va être claires : personne ne va débarquer chez toi à 6h du matin. Mais l’administration, elle, ne laisse pas passer grand-chose quand il s’agit de déclarations non faites.

Et quand on connaît les règles, on comprend vite que “laisser traîner” coûte presque toujours plus cher que déclarer à temps.

La pénalité automatique (même si tu as gagné 0 €)

Si tu ne déclares pas dans les délais, tu vas être redevable d’une pénalité forfaitaire d’environ 60 € par déclaration manquante.

Les majorations sur tes cotisations

À cette pénalité s’ajoutent des majorations sur tes cotisations sociales :

  • environ 5 % par déclaration manquante si tu déclares tous les mois,
  • et environ 15 % si tu déclares au trimestre.

Et ça peut vite grimper si plusieurs périodes sont concernées.

Le scénario le plus pénible : le calcul forfaitaire

Quand aucune déclaration n’est transmise, l’administration peut décider de calculer tes cotisations sur une base estimée. Et là, ce n’est plus ton vrai chiffre d’affaires qui compte… Mais un montant théorique souvent bien supérieur à la réalité.

Du coup, tu paies pour de l’argent que tu n’as pas forcément gagné, tu dois ensuite prouver que c’est faux et tu finis par échanger des mails, parfois des courriers… En gros, tu perds du temps et de l’énergie

Tout ce qu’on veut éviter quand on gère déjà une activité, des clientes, et une charge mentale bien remplie 😬.

La bonne nouvelle : tu peux toujours régulariser

En cas d’oubli, ne t’inquiètes pas, tu peux toujours :

  • faire tes déclarations manquantes,
  • régulariser ta situation,
  • et demander un recalcul.

Mais clairement… c’est plus simple de déclarer en 5 minutes chaque mois que de réparer derrière. Ce n’est pas une question d’être une “bonne élève”, mais de te protéger, financièrement et mentalement.

Comment utiliser cette obligation en outil de pilotage pour ton activité ?

Si tu vois encore la déclaration de chiffre d’affaires comme une corvée administrative, je te comprends. Vraiment. Mais avec un petit changement de posture, elle peut devenir un vrai tableau de bord simplifié pour ton business. Un truc qui te donne de la visibilité, de la sécurité… et qui t’aide à te payer sans culpabiliser.

Suivre ton chiffre d’affaires pour arrêter de piloter à l’aveugle

Chaque déclaration te donne une photo très concrète de ton activité :

  • combien tu as encaissé,
  • à quel rythme,
  • et avec quelle régularité.

Quand tu les regardes mois après mois, tu vois :

  • les périodes fortes,
  • les périodes creuses,
  • les tendances,
  • et l’impact de tes offres ou de ton marketing.

Tu ne prends plus tes décisions “au feeling” ou “au stress”, mais avec des chiffres simples.

Calculer ce qu’il te reste vraiment

Ton chiffre d’affaires n’est pas ton salaire. Dedans, il y a :

  • les cotisations,
  • parfois la TVA,
  • l’impôt,
  • tes frais (charges, outils, prestataires, fournisseurs,…).

Quand tu relies : CA déclaré – charges – impôts = argent réellement disponible … tu changes complètement ton rapport à l’argent dans ton activité.

Tu passes de “je gagne bien mais je ne comprends pas où ça part” à “je sais exactement ce que je peux me verser sans danger” Et ça, mentalement, c’est énorme.

Mettre en place une mini-routine financière (simple et réaliste)

Pas besoin d’être experte en Excel. Une fois par mois :

  1. tu déclares ton chiffre d’affaires,
  2. tu notes le montant quelque part (tableau, carnet, outil),
  3. tu regardes ce qu’il te reste après charges,
  4. et tu décides consciemment ce que tu te verses

Si tu veux aller plus loin et arrêter de gérer ton activité “au feeling”, je partage toutes les 2 semaines dans ma newsletter des conseils simples pour mieux piloter ton chiffre d’affaires, anticiper tes charges et te rémunérer sans stress.

Ce que tu dois retenir
  • La déclaration de chiffre d’affaires n’est pas une formalité “pour faire plaisir à l’administration”, c’est un outil pour garder une vraie visibilité sur ton activité.
  • Tu déclares uniquement ce que tu as encaissé, hors TVA et hors frais, dans la bonne catégorie.
  • Respecter les dates t’évite pénalités, stress inutile et calculs forfaitaires injustes.
  • En anticipant tes cotisations et ton impôt, tu peux enfin savoir ce que tu peux te verser sans mettre ton business en danger.
  • Utilisée correctement, la déclaration du chiffre d’affaires auto-entrepreneur devient un levier de clarté, de sécurité financière et de sérénité au quotidien.
FAQ

Quand dois-je déclarer mon chiffre d’affaires ?

Tu dois déclarer ton chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre, selon l’option que tu as choisie, avant la fin du mois suivant la période concernée. Même si ton chiffre est à zéro, la déclaration reste obligatoire.

Quand est-il conseillé de faire la demande d’Acre ?

L’ACRE se demande idéalement dès la création de ton activité, ou au plus tard dans les 45 jours qui suivent. Passé ce délai, c’est trop tard pour en bénéficier, même si tu y avais droit.

Comment l’Urssaf vérifie-t-elle le chiffre d’affaires d’un auto-entrepreneur ?

L’Urssaf peut croiser tes déclarations avec celles de l’administration fiscale, les informations bancaires, les plateformes de paiement et tes factures en cas de contrôle. Ce n’est pas systématique, mais ça arrive, surtout en cas d’incohérence ou de montants inhabituels.

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